11 septembre 2006
Pragmatisme de (grande) surface
En mars dernier, j'ai fait partie des 100 000 nouveaux adhérents du
Partis Socialiste. Le but de cette inscription était clair : je
n'allais pas laisser un petit groupe de militants choisir la personne
pour qui (après le désastre de 2002) j'allais OBLIGATOIREMENT voter :
En
avril 2002, dépité par la campagne catastrophique de Lionel Jospin,
mais n'imaginant pas son absence au second tour, j'avais voté écolo,
pensant que leurs idées méritaient de peser plus dans le débat... C'est
donc rongé par les remords que j'aborde les échéances de 2007. Rongé par les
remords, et par l'envie de voire gagner la gauche, après ce bug de
l'histoire : cinq années de chiraco-sarkozisme. Par ailleurs, la
perspective d'une présidence exclusivement sarkosiste, me terrorise
infiniment plus que celle d'un supposé "rad soc" gaulliste comme Chirac.
Ceci
étant dit, je me suis inscrit au PS pour "empêcher" le retour tant
annoncé d'un Jospin dont les (indéniables) compétences de chef d'état
ne suffisent pas à effacer l'extrème absence de ce charisme ABSOLUMENT
nécessaire à une victoire présidentielle. De même, une candidature
Royal, souhaitée officiellement depuis plus d'un an par Sarkozy, me
semblait "légère". Non pas, évidemment, en raison du sexe de Ségolène,
mais bien à cause de son inexpérience nationale, de son absence (pour
le moment) de vision globale. Sa candidature se construit par rapport, en fonction, comme
celle de Sarkozy.

D'abord, indubitablement, en terme d'image : Elle pratique la même peoplitique que
le ministre de l'intérieur, de Gala à Public en passant par Voici.
Cette démagogie sarkosienne, elle l'a fait sienne, elle considère -
comme lui - que c'est là
que se déroule la bataille. Ce faisant, elle ôte à la gauche toute
possibilité d'attaquer Sarkozy sur la mise en scène pathétique et
dégoulinante de sa vie privée, cette nouvelle façon d'effacer le débat
au profit des uniques "bonnes impressions". Au feuilleton couple
de légende (nous travaillons ensemble, je t'aime, tu me trompes, tu
me quittes, je suis malheureux pour mon fils, je vais me battre pour
que tu reviennes, tu reviens, nous sommes heureux), bon père/bon
président, petit homme hargneux/homme d'énergie, t'as vu mes abdos ? de Nicolas,
Ségolène répond couple de légende (tu
diriges mon parti, nous avons des
enfants ensemble, je t'aime, nous marierons-nous avant 2007 ? Me
laisseras-tu la place si je suis mieux placée dans les sondages ?)
bonne mère/bonne présidente, femme/politique douce et raisonnable (CF
Maragaret Thatcher...), t'as vu mes lolos ?
Je gage que les français sont beaucoup moins
bêtes que leurs mauvaises lectures estivales et que la crédibilité du
politique, si souvent regrettée, n'y gagnera rien.
Ensuite, le mode de fonctionnement politique :
Depuis
5 ans, le président de l'UMP, largement soutenu par de puissants
médias, organise le débat d'idée. Pour la plupart démagogiques
(fermeture de Sangatte, expulsions d'immigrés, organisation des
communautarismes, propos quasi-racistes & discours ultra
sécuritaires), ces "idées" consistent essentiellement à allumer des
feux médiatiques, faire parler de soi pendant une période de quelques
semaines, et ne sont JAMAIS suivies de résultats. Il va sans dire que
le coeur du projet Sarkozy pour une "France d'après", c'est à dire la
précarisation, les cadeaux fiscaux, l'atlantisme forcené, bref
l'ultra-libéralisme (peu populaires dans l'opinion) ne participent pas
à ce plan de campagne, au "débat d'idée". Le brave peuple doit se
laisser hypnotiser par les problèmes d'immigration et de sécurité
(toujours liés, à la bonne sauce frontiste), tandis que les classes
"aisées" peuvent se frotter les mains à la perspective de ce futur
californien qui les attend.
Depuis son entrée quasi-officielle dans
la course à l'investiture, Ségolène Royal procède de même, lançant çà
et là des "pistes de réflexions", des petites provocations (Blair, quel
homme ! les 35 heures, pas top ! les jeunes, confions-les aux
militaires ! La carte scolaire, quelle hypocrisie !) pour mener la
danse, tout en pratiquant, à chaque interview, une langue de bois
effrayante, pesant et soupesant chaque mot, ne disant rien, ou le moins
possible, pour ne pas écorner sa belle (et si virtuelle à 8 mois du
vote) côte de popularité.
Dans les deux cas, la vision d'une
France post-chiracienne est, soit masquée, soit... inexistante. Ce
pragmatisme de surface n'est qu'un bataillon de coups de com et
dissimule la seule et unique chose qui compte : prendre le pouvoir,
s'asseoir dans l'histoire, puis gérer, comme Chirac et, longtemps,
Mitterand.
Pour conclure ce premier "Post", je tiens à dire que je ne sais toujours pas pour qui je voterai lors des primaires du PS. Peut-être bien pour Ségolène Royal, peut-être pour Fabius, peut-être même pour Jospin. J'irai les écouter, les renifler. J'irai voir qui d'eux correspondra, à mes yeux, le mieux à cette France qui dit NON, de plus en plus fort, à de plus en plus de choses et qui n'assume pas (dans son ensemble) ses mauvaises lectures estivales.
Commentaires
c est chouette de voir la gauche revenir
je suis d accord avec toi sur le fait que la gauche doit faire son retour.oui.... mais je suis deçu de ce parti politique qui semble t il est divisé interieurement .j aurais souhaiter que les hierarques de ce parti fassent table rase des querelles . comme l as dit jack lang hier ;ON N AS 1 SEUL ENEMIE C EST SARKO ET LA DROITE . me concernant je serai favorable que la gauche revienne au pouvoir et avec un programme solide pour les français et que les erreurs d hier ne se repete plus
a+
C'est le socialisme pour faire barrage à Sarkozy, c'est de la real politik, c'est bien...
Le vote
Le vote n'est que le meilleur moyen qu'a trouvé le seigneur pour régner sans conteste.
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